San Ignacio : De la Jungle et des Ruines


Argentine, Articles Récents / lundi, mai 13th, 2019

Jamais entendu parlé de San Ignacio ? C’est normal, ce n’est de loin pas le spot touristique le plus connu d’Argentine. Et pourtant, cette bourgade située à 250 km des chutes d’Iguazu a de quoi se défendre avec ses superbes vestiges de missions jésuites.

Pourquoi San Ignacio ?

On l’avoue, nous non plus nous ne savions même pas que ce bled existait avant de faire quelques recherches.

À la base nous étions à la recherche d’un moyen de rallier Salta en bus depuis Puerto Iguazu. En regardant une carte, ce qui fait sens c’est de traverser le Paraguay sauf qu’en réalité ce n’est pas si simple que ça.

On ne va pas rentrer dans les détails mais toujours est-il qu’en approfondissant les recherches on découvre via quelques blogs que passer par l’Argentine est plus commun.

Soit, nous emprunterons donc les routes Argentines. Sauf que Puerto Iguazu – Salta c’est long… très long… et compliqué aussi ! Bref tant qu’à passer des heures dans un bus, pourquoi ne pas faire une petite escale à San Ignacio ?

San Ignacio, Petite Ville au Rythme Argentin

Lorsque l’on arrive à San Ignacio, il est déjà près de 15H. Le soleil tape fort et la gare routière est quasi-déserte. Grosse ambiance ! En même temps, après le tumulte touristique des chutes d’Iguazu ce n’est pas si désagréable d’être un peu au calme.

Achat de billet de bus à la gare routière

On profite d’être à la gare routière pour acheter avec une facilité déconcertante nos billets de bus pour Salta. On peut même payer en CB pour le même tarif, alors qu’on est dans une toute petite gare routière au fin fond de l’Argentine. À la gare routière de Buenos Aires, les gars regardaient notre carte comme des vampires face à de l’ail et nous taxaient 10€ par billet si on voulait l’utiliser. Bref, on ne cherche plus à comprendre.

Une fois nos précieux billets en poche, on se dirige tranquillement (trèèèèèèès tranquillement) vers notre hôtel. Les rues sont désertes, on entend les mouches voler. Sérieux, ils sont où les gens ?

Une route déserte au coucher de soleil à San Ignacio
Tout le tumulte de San Ignacio

Se nourrir en Argentine en plein après-midi : le challenge

Arrivés à l’hôtel, on a faim. La jeune fille de la réception nous indique un restau/snack à l’angle mais ça n’inspire pas Sylvain. Grosse erreur de jugement Mr. Bernhardt, mais on y reviendra. ^^

On se met donc en quête d’un endroit où manger. On finit par trouver notre bonheur vers le centre du village mais c’est tout ce qu’il y a d’ouvert. Heureusement c’est plutôt bon, pas cher et la serveuse est adorable.

Quand on quitte le restau, il n’y a toujours pas âme qui vive dans les rues. On passe devant quelques mamies sans âge affalées sur des chaises de camping devant leurs maisons mais ça s’arrête là. Cette ambiance rappelle le Mexique à Sylvain.

Nous décidons tout de même d’aller jeter un œil à l’agence où nous sommes censés louer des vélos le lendemain. Il est 17H, c’est déjà fermé… ou pas encore ouvert on ne saura jamais. Retour très très tranquille vers l’hôtel d’où nous ne décollerons plus avant le jour suivant.

Un plan pas si bien rôdé : quand l’Argentine s’en mêle

Le lendemain matin, on est chaud patate. Au programme : petit déjeuner, location de vélo, visite !

Notre plan se complique rapidement puisque nous sommes enfermés dans notre chambre. La serrure est bloquée, impossible de déverrouiller la porte. On crie un bon coup, un type vient nous ouvrir et nous file une nouvelle clé avec laquelle on peut ouvrir la porte mais pas la fermer. Oui, en Argentine ce genre de chose existe.

Gif animé de deux personnages de Portlandia qui sont confus

« Ok, t’es mignon mais on fait quoi de nos affaires si on ne peut pas verrouiller notre chambre ? »

Ça finit quand même par percuter et la jeune fille qui nous a accueillis la veille nous propose une autre chambre. On déménage rapidos notre bazar et on va enfin prendre notre petit déjeuner.

On a l’estomac plein, les sacs sont prêts. On décide de retenter notre chance auprès de l’agence de location de vélo. Après tout, il est 9H, ils doivent bien être ouvert le matin. Sauf que non.

Agence La Misionerita : efficacité et rigueur

On retourne à l’hôtel tout penauds. Heureusement le type qui nous a sorti de notre chambre ce matin nous indique une autre agence près de la gare routière. Cette fois-ci c’est autre chose. Non seulement l’agence est ouverte mais le gars qui nous accueille est au taquet. En l’espace de 10 minutes ils nous délivre une quantité inimaginable d’informations.

Oui il loue des vélos, non c’est trop dangereux d’aller à Loreto avec parce que route nationale toussa toussa, oui il y a un bus local dans 10 minutes, le nom de la compagnie c’est Henning, le prix des tickets pour les ruines c’est 270 pesos, il vaut mieux commencer par Loreto et finir par San Ignacio et il y a une excursion rando dans le parc national pour 12 euros qui part cet après-midi à 13H. Il clôture en nous demandant quelle est notre prochaine destination parce qu’au cas où il peut nous vendre un ticket de bus pour Salta.

Gif animé d'un homme qui interagit avec une interface virtuelle sur un toit

« Nan mais t’as pris quoi pour être aussi efficace toi ? »

Après cette tornade d’infos, on fait le tri. On décline l’excursion, on le remercie pour le ticket de bus mais on a déjà ce qu’il nous faut et on part prendre le bus pour Loreto.

Visite des Ruines de San Ignacio & Alentours

À Loreto, le bus nous dépose devant les ruines de la mission Jésuites. Comme à San Ignacio, le calme règne sur le site. On s’approche doucement de la caisse. Un guichetier super sympa nous accueille, visiblement content d’avoir des visiteurs.

Visite guidée 5 étoiles à Nuestra Señora de Loreto

À partir de là nous sommes pris en charge par Marcello qui, lui, parle très bien l’anglais. Alors, Marcello c’est notre guide number one de tout le voyage !

Il passe littéralement 2 heures avec nous. Il nous explique en détail l’origine et le fonctionnement des missions ainsi que les rapports entre les jésuites et les guaranis (aborigènes locaux)… Dans la mesure où l’UNESCO souhaite conserver les ruines de Loreto à l’état naturel (contrairement aux ruines de San Ignacio qui ont été massivement rénovées), Marcello nous explique point par point où nous nous trouvons sur le site, il pointe certaines particularités à chaque étape : dates, positionnement des bâtiments, techniques de construction mais aussi de préservation. La visite est absolument passionnante !

Des monticules de terre dessinant les contours d'une pièce à la mission de Loreto
Il faut un peu d’imagination, mais sous ces monticules de terre se cachent les contours d’une chambre de prêtre. Si si. (Le trou à gauche c’était la porte.)
Salomé et le guide contemple les marches de la chapelle à la mission de Loreto
La base de la chapelle, quant à elle, a été révélée

À la découverte de la faune et la flore de Loreto

Mais ça ne s’arrête pas là. En réalité Marcello est un écologiste interprète. Par exemple il travaille actuellement avec une équipe Californienne sur le recensement des espèces d’oiseaux sur les sites des missions. La faune et la flore n’ont donc aucun secret pour lui. Sylvain est aux anges. On en apprend plus sur les différents types d’insectes et d’araignées que l’on croise.

Une grosse araignée posée sur sa toile à la mission de Loreto
Désolé les arachnophobes
Une chenille se balance et se tortille au bout d'un fil à la mission de Loreto
Cette petite chenille se prend pour Spiderman

Grâce à Marcello on découvre également des fourmis géantes, des mues de mygales, une variétés d’orties géantes, toute sortes de plantes médicinales et leurs vertus et le fameux arbre d’où proviennent les feuilles de maté. D’ailleurs il nous apprend aussi à préparer un maté en bonne et due forme. On a bien sûr droit à la dégustation… c’est (très) amer. Beurk !

Avec Marcello on discute aussi de la situation économique en Argentine, de notre voyage, de ses origines guaranis… Bref une rencontre aussi inattendue qu’enrichissante.

Suite de la visite en direction de Santa Ana

Après une petite photo souvenir avec Marcello, nous reprenons le petit bus local vers Santa Ana.

Arrivée à Santa Ana, on a faim… comme d’hab. On entre dans une parilla en face de l’arrêt de bus. Aujourd’hui c’est buffet ! On prend une assiette et on paye au poids. C’est bon et pas cher et enfin on mange des légumes !

Après la pause dej, il est temps de visiter le site de Santa Ana. L’avantage d’avoir eu une visite guidée ultra détaillée le matin c’est que l’on comprend bien comment fonctionne le site, très semblable à Loreto. Ici en revanche, la restauration est plus avancée, beaucoup d’arbres ont été coupés. On a moins l’impression que la jungle a repris ses droits. C’est d’ailleurs la volonté de l’UNESCO : aménager les sites à différents degrés pour bien illustrer l’évolution des ruines entre leurs découvertes et l’issu des travaux de restauration.

Une arbre pousse sur une stèle dans le cimetière dans la mission de Santa Ana
Une stèle dans le cimetière à côté des ruines
La Biquette se tient devant les ruines de la mission de Santa Ana

Avant de quitter Santa Ana, Gaston l’un des guides anglophones nous interpelle. Il vient de placer dans la vitrine du musée une plaque de pierre gravée d’un ange. Il nous explique que ce sont des touristes qui ont découvert cette magnifique pièce en se baladant sur le site. Elle a donc été envoyée en restauration et vient juste de revenir sur le site. Nous sommes donc les premiers à l’admirer en l’état.

Dernière étape : San Ignacio Mini

La journée de visite se termine par San Ignacio Mini, le site le mieux rénové du secteur. Au cours de la journée nous avons donc parfaitement pu observer les différents degrés de rénovation voulus par l’UNESCO entre Nuestra Señora de Loreto, Santa Ana et San Ignacio Mini.

À San Ignacio, il y a nettement plus de touristes. Il faut savoir que sur les deux sites précédents, nous étions seuls avant de croiser un autre couple de loin. Donc forcément en arrivant à San Ignacio où l’on croise au moins 30 personnes, on est soudain pris d’agoraphobie. ^^

Là aussi, nous sommes charmés. Le site est magnifiquement restauré. On est particulièrement bluffé par le dallage de la cathédrale qui a été entièrement mis à jour.

Colonnes autour de l'ancienne porte de l'église de San Ignacio Mini
Une porte de pierre aux ruines de San Ignacio Mini
Un arbre à contre-jour au milieu des ruines de San Ignacio Mini

La journée de visite s’achève donc sur cette belle note d’histoire. Il est temps de rentrer à l’hôtel et de préparer nos affaires car demain nous quittons San Ignacio pour Salta. Un périple de près de 24H de bus nous attend.

On se donne du courage en dégustant une succulente pizza provenant de l’endroit où Sylvain ne voulait pas mettre les pieds la veille. Il regrette amèrement de ne pas avoir découvert cet établissement plus tôt. ^^

En attendant d’entamer nos 1300 bornes en bus, voici les infos pratiques pour découvrir San Ignacio et ses environs.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur les missions jésuites du secteur on vous invite à lire l’article Wikipédia dédié aux missions Jésuites des Guaranis.

Où dormir à San Ignacio ?

Posada Madre America : un petit hostel correct qui propose des lits en dortoir, des chambres doubles avec salle de bain commune et des chambres doubles avec salle de bain privative. Nous avons apparemment été surclassés mais on n’a pas tout compris. Bref, accueil souriant, chambres propres et petit déjeuner satisfaisant… On n’en demande pas plus !

Où manger à San Ignacio ?

  • Comedor la Buena Suerte : un petit restau tout simple au centre du village, pas très loin de l’entrée de ruines. Au menu : pizza, sandwich et Milanesa. Rien de transcendant mais c’est correct et pas très cher… et surtout c’est ouvert l’après-midi.
Une Milanesa et un sandwich sur des assiettes
La Milanesa (escalope milanaise) et le sandwich 🙂
  • Snacks : ici on trouve des pizzas, des emapanadas et des pâtisseries qui ont l’air démentielles. On y a mangé une pizza absolument délicieuse. On parie sans hésiter sur la qualité du reste de la carte. Malheureusement on avait plus de place pour un dessert. Il faut savoir être raisonnable parfois… snif !
Une grande pizza au fromage et un jambon de chez Snack
  • Parilla Santa Rosa : un restau route au bord de la nationale 12, juste en face de l’arrêt de bus de Santa Ana. Un buffet bien achalandé de plats façon cantine mais de qualité. On y a bien rempli nos assiettes (et nos estomacs pour le même coup) pour un prix modique. Idéal avant ou après la visite des ruines de Santa Ana.
Assiettes pleines de buffet

Prix des activités à San Ignacio

  • Ticket unique pour les ruines de San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria la Mayor : 270 ARS par personne soit environ 5,70€* On achète le ticket sur le premier site que l’on visite et on le conserve sur soi toute la journée pour accéder aux autres sites. Nous n’avons pas visité Santa Maria la Mayor car le site se trouve à plus de 20km de San Ignacio.
  • Ticket de bus entre San Ignacio, Loreto et Santa Ana : Entre 20 et 40 ARS par personne selon la longueur du trajet (de 0,50€ à 1€ par trajet*).

*Prix indicatifs valables en avril 2019

Bon, c’est pas tout ça mais on a un loooong trajet en bus qui nous attend. On vous donne rendez-vous à Salta !

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11 réponses à « San Ignacio : De la Jungle et des Ruines »

  1. Chouette mon feuilleton quotidien !!!je ne m’en.lasse pas !votre Marcello semble aussi agréable et compétent que le nôtre 😁

    1. Oui j’avais aussi pensé à ce rapprochement entre les deux Marcello ^^ Il doit y avoir une ligue mondiale des Marcellos et ils sont tous sympas !

  2. Magnifiques images de San Ignacio Mini! Je suis bluffee par la lumiere et les couleurs!
    Ca donne envie d’y aller tout de suite 🙂

  3. « Chaud patate » ? Ouais, bon, ça se précise, après l’envoi du pâté. Toujours attentifs à l’intendance, les p’tits d’jeun’s, hein ? Faut pas laisser laisser l’estomac crier.
    Sylvain ne s’est jamais remis de Bernard Werber. Les fourmis, même lointaines et gigantesques, non plus, puisqu’ils se sont reconnus.
    Et toujours l’iconographie culinaire, qui fait qu’on se régale -des yeux- dans l’exotisme, et sans prendre un gramme (en espérant la même chose pour vous).
    L’ambiance et les vestiges de ces missions de jungles sont effectivement superbes !

    1. Oui, j’ai eu une petite pensée pour Werber en ayant ma nouvelle pote qui se baladait sur ma main.
      Pour ce qui est des grammes facilement acquis, on confirme l’Argentine est un pays dangereux !

  4. Ils étaient fous ces jésuites !
    Construire une cathédrale dans la jungle !
    À moins qu’ils n’aient déjà anticipé la majestueuse beauté de leurs ruines. Derrière ses lunettes noires, le regard goguenard de Mini-Biquette à Santa Ana ne m’a d’ailleurs pas échappé. Elle m’a clairement fait ainsi comprendre que les jéz du coin s’étaient fait chiper par les singes le manuel du discernement des esprits avec les Exercices de saint Ignace.
    Pour, de leur bévue, se faire pardonner du Ciel et de la Terre, ils créèrent la Patagonia !
    Vivent les jésuites !

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