Balabac : Une Virée au Sud de Palawan


Philippines / vendredi, mars 22nd, 2019

Marre des Chinois et du tourisme de masse… On se paye une virée au milieu de nulle part, à la recherche d’un petit coin de Philippines encore préservé. Suivez-nous, on vous emmène à Balabac… On vous garantie que ça vaut le détour. 😉

Aller à Balabac : le Début d’une Épopée

Comme on l’a déjà évoqué dans nos articles précédents, se déplacer aux Philippines peut s’avérer compliqué et fatiguant.

En allant à Balabac on s’est rendu compte que nos précédents trajets en bateau, avion et autres véhicules en tous genres avaient été des promenades de santé comparées à ce qui nous attendait pendant les 2 journées de trajet nécessaires pour rallier ce petit bout du monde.

On vous raconte étape par étape notre périple jusqu’à Balabac et on vous donne bien sûr toutes les infos pratiques en fin d’article.

Étape 1 : De Cebu City à la Gare Routière de San José – Puerto Princesa

On quitte notre hôtel à Cebu City vers 11h pour l’aéroport où nous rejoignons Max et Olive rencontrés à Siquijor quelques jours auparavant.

De là, nous prenons un vol domestique pour Puerto Princesa sur l’archipel de Palawan. L’avion décolle et atterrit à l’heure. Jusqu’à là tout va bien.

Animation of an airplane landing and turning into a robot just before hitting the ground

S’en suit la traditionnelle recherche de tricycle. Évidemment, un type essaie de nous vendre un taxi à un prix dont on ne se souvient même plus tellement c’était n’importe quoi.

A la sortie de l’aéroport de Puerto Princessa, les tarifs de tricycle sont affichés. Nous prenons donc 2 tricycles à 180 PHP (environ 3€) la course pour rallier la gare routière San José. On aurait certainement pu négocier la tarif ou monter à 4 dans un tricycle mais il est déjà 16H et l’on doit attraper un bus ou un van pour Rio Tuba. On saute donc dans nos tricycles sans demander notre reste, gentils petits touristes que nous sommes.

Salomé assise dans un tricycle rose et bleu devant l'aéroport de Puerto Princesa
Avec un peu de chance, vous aurez un tricycle aussi beau que le nôtre !

Étape 2 : De la Gare Routière San José – Puerto Princesa à Rio Tuba

Arrivés à la gare routière à 16H, les rabatteurs nous assaillent comme des mouches… littéralement. On a jamais vu ça depuis 5 mois en Asie.

L’un d’eux nous dit qu’il n’y a plus de bus pour Rio Tuba à cette heure-ci mais nous voulons en avoir le cœur net. On trouve le comptoir où sont vendus les billets de bus pour Rio Tuba. Le type nous dit qu’effectivement le dernier bus a quitté Puerto Princessa à 15H et que celui de 17H n’existe pas… ou ne circule pas… ou un truc comme ça. #WTFauxPhilippines.

Dessin animé d'Olive étant confuse

On grimpe donc bon gré mal gré dans un van négocié à 400 PHP par personne sachant que le chauffeur nous demande au départ 500 PHP par personne. Disons qu’on a fait « une affaire ». ˆˆ

En y repensant, on a bien fait de prendre un van. On n’ose pas imaginer à quelle heure on serait arrivé en bus. Le trajet en van est interminable malgré la conduite kamikaze ultra sportive de notre chauffeur qui conduit comme un pilote grâce à son manche de katana en guise de levier de vitesse.

Intérieur de van montrant un katana en guise de levier de vitesse
Forcément, quand le levier des vitesses est un manche de sabre japonais, ça rassure !

On s’arrête sans arrêt pour déposer et récupérer de nouveaux passagers, la route est mauvaise, la circulation est dense mais ça va parce qu’on voyage avec une poule et ses poussins qui nous piaillent dans la nuque.

Étape 3 : Arrivée et Nuit à Rio Tuba

A 22H, nous voilà enfin à Rio Tuba. Là aussi les chauffeurs de tricycle nous attendent mais on sent que leur technique est moins rôdée que dans les spots touristiques.

On sait qu’on est désormais sorti des sentiers battus. Ça fait plaisir, mais en même temps on se demande un peu ce qu’on est venu faire ici… ˆˆ

Quelle idée d’aller à Rio Tuba ?

En v’là une bonne question ! Et bien figurez- vous que pour aller à Balabac, une escale à Rio Tuba est indispensable. En effet c’est de là que part quotidiennement le bateau qui relie l’île principale de Palawan à l’île principale de l’archipel de Balabac qui s’appelle d’ailleurs aussi Balabac. Vous nous suivez ?

Homme cherche à comprendre des calculs en vain

Ce bateau part donc chaque matin entre 9h et 12h selon le nombre de passagers, la météo et l’humeur du capitaine. Il est indispensable d’arriver tôt à la jetée pour être certain d’avoir un ticket car si le bateau est plein à 9H, il largue les amarres aussitôt. Voilà pourquoi on s’est retrouvé à passer une nuit dans la ville la plus glamour de Palawan.

Rio Tuba est une petite ville minière dont la population vit essentiellement de l’extraction du nickel et de la pêche. La bourgade n’a donc guère d’atout pour satisfaire le touriste à la recherche de plages paradisiaques ou même de monuments. On trouve tout de même quelques lodges bon marché pas loin de la gare routière puisqu’il s’agit de la porte d’entrée vers les merveilles cachées de Balabac.

Une Courte Nuit avec les Cafards de Rio Tuba

Pour coller à son image de ville glauque, les hébergements proposés à Rio Tuba sont tout aussi sinistres.

Les chauffeurs de tricycle qui nous ont accueillis en fanfare à la descente du van nous emmènent dans une rue ou se font face 2 petites guesthouses. On les suit, on a pas bien le choix puisqu’à Rio Tuba, internet tu oublieras. Ils nous mettent directement en contact avec la Ping Pension House. Une chambrette ultra basique avec ventilateur est dispo pour 300 PHP… Bon, au moins c’est pas cher.

Olive et Max doivent se rabattre sur une chambre à 400 PHP à la White Heaven Lodge juste en face. On apprendra plus tard qu’il s’agit d’un hôtel de passe. Ceci explique cela… On dort donc entre cafards et taches très suspectes sans se poser trop de questions.

Homme arrange l'oreiller du lit dans une chambre luxueuse

Étape 4 : Du Centre de Rio Tuba au Port de Rio Tuba

La nuit est courte, pour Olive et Max encore plus que pour nous. Bien entendu, il n’y pas de douche dans aucune des 2 guesthouses et on a pas très envie de s’attarder dans ce qui est supposé être… l’endroit où on se lave… ? On remballe donc nos affaires vite fait bien fait en direction de la jetée pour acheter les précieux tickets de bateau qui nous permettront d’arriver enfin à Balabac.

Auprès de notre chauffeur de tricycle, on parvient à obtenir le juste prix pour parcourir les 3,6 km qui séparent le centre ville de la jetée.

Pas si évident que ça puisque le premier chauffeur qui s’arrête nous demande 100 PHP à 4 soit 25 PHP par personne alors que le tarif est de 80 PHP la course soit 20 PHP par personne. On lui rappelle le prix « règlementaire ». Il secoue la tête l’air pas content et nous laisse en plan.

Un 2nd chauffeur, correct cette fois-ci, s’arrête dans la foulée et on s’entasse à 4 dans son tricycle avec les sacs.

Tricycle rempli à ras bord de nos gros sacs avec Salomé, Max et Olive qui regardent
Je suppose qu’on peut appeler ça… du tétris-ycle… 😉 (merci merci)

La route aux alentours de Rio Tuba est brune de nickel et on croise de nombreux camions citernes remplis de produits chimiques nécessaires à l’activité minière de la région. Ahhh tellement glamour ce coin des Philippines.

Étape 5 : Prendre le bateau pour Balabac

Arrivée à la jetée à 7H15. Ce qui est censé être le port de Rio Tuba ne ressemble pas à grand chose.

Maison et ponton délabrés au port de Rio Tuba
Si si, ceci est un port

On marche quelques mètres sur un chemin cabossé quand un type nous fait signe en nous demandant dans un anglais plus qu’approximatif si on veut prendre le bateau pour Balabac.

« Ah ben, tu tombes bien toi dis donc ! »

Il nous tend une feuille où l’on doit inscrire nos noms, nous annonce le prix du voyage (370 PHP par personne) et nous indique que le départ est prévu à 11H.

Que l’on soit clair, nous avons lu plusieurs blogs mentionnant ce trajet en bateau et il y a autant d’expériences différentes que d’articles.

Ce qu’il faut retenir : être à 7H sur la jetée et s’inscrire sur le registre des passagers directement. L’heure de départ officielle du bateau est 11H mais s’il est plein, il peut partir dès 9H parfois même un peu plus tôt. Restez donc dans les parages une fois que vous vous êtes inscrits sur la liste. Si le bateau n’est pas plein à 11H il ne part pas immédiatement. En ce qui nous concerne, nous sommes partis à 12H. Il ne part jamais vraiment plus tard car la traversée dure tout de même 4H. Si la météo est mauvaise, le bateau ne quitte pas Rio Tuba. L’information peut être mise à jour le matin même.

En attendant, nous prenons un bon petit déjeuner dans une des gargotes du coin en jouant aux cartes. En un clin d’œil il est déjà 11H. On se met doucement en mouvement vers le bateau. Certains passagers sont déjà montés. On cale donc nos sacs sur le toit du bateau et on s’installe.

12H : le bateau s’ébranle. C’est parti pour 4 heures de traversée en banca, le bateau Philippin typique. Au cours de ce trajet on entrevoit déjà quelques îles et leurs plages de sable blanc. Le bleu de la mer devient plus intense, la palette de couleur se diversifie. On s’émerveille déjà de tout alors que ces premières images ne sont qu’un prémisse de l’environnement que nous allons découvrir au cours des 3 prochains jours.

Panneau attention aux crocodiles à coté du port d'arrivée de l'ile de Balabac
Première chose qu’ont voit en descendant du bateau, mais pas de soucis: ce n’est que pour faire peur aux touristes 😉

Maintenant qu’on a planté le décor, on vous donne rendez-vous dans notre prochain article avec de l’aventure, de l’émotion, du suspense et des photos/vidéos à vous décoller la rétine.

Mais avant cela voici un récapitulatif des étapes pour se rendre à Balabac (presque) facilement. ˆˆ

Aller à Balabac : Détails Pratiques

Trajet Prix / Mode de Transport Durée
Aéroport de Puerto Princesa
=> Gare routière San José
180 PHP / tricycle (2 pers.) 15min
Gare Routière San José
=> Rio Tuba
400 PHP / pers. en van 5H
Centre de Rio Tuba
=> Port de Rio Tuba
80 PHP / tricycle (4 pers.) 15min
Port de Rio Tuba
=> Balabac
370 PHP / pers. en bateau 4H


Nuit à Rio Tuba à Ping Pension House : 300 PHP la chambre double avec ventilateur.

Une fois à Balabac, il faut aussi penser au retour. Contrairement à l’aller, il est possible de remonter de Balabac à Puerto Princessa en 1 journée.

Le bateau pour Rio Tuba quitte Balabac vers 6H du matin. Soyez à la jetée à 5H pour acheter un ticket et réserver votre siège.

De la jetée de Rio Tuba, empruntez un tricycle jusqu’à la gare routière. De là prenez un van pour Puerto Princesa. Des bus assurent également la liaison mais on n’en sait pas plus.

Les tarifs pour le retour sont les mêmes que pour l’aller.

Les horaires et tarifs de transports mentionnés dans cet article sont valables en février 2019 sachant que la plupart des infos que nous avons dénichées sur le net se sont avérées erronées, même les plus récentes. Le plus simple est de se pointer et de se renseigner sur place.

Vous voilà fin prêts pour aller découvrir Balabac, en réalité on vous le souhaite, sinon à travers notre prochain article, Island Hopping à Balabac : Bienvenu au Paradis.

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11 réponses à « Balabac : Une Virée au Sud de Palawan »

  1. Je présume que la vidéo de l’atterrissage sur l’archipel de Palawan filme la transformation de l’avion en SuperSushi. Je ne suis guère étonné.

    D’accord pour votre appréciation de la décoration de votre tricycle de Puerto Princessa, mais la sourire de Biquette est tout de même la perle dans le coffret.

    L’efficacité du manche de katana dont vous témoignez me séduit. Je vais montrer votre photo à mon garagiste pour qu’il m’installe le même pour ma voiture.

    « … le bateau qui relie l’île principale de Palawan à l’île principale de l’archipel de Balabac qui s’appelle d’ailleurs aussi Balabac. Vous nous suivez ? » Je crois avoir eu plus de facilité à suivre l’exposé de la thèse de SuperSushi à Strasbourg.

    Le rapport entre le volume de vos bagages et l’espace disponible dans le coffre de votre triycle à Rio Tuba est intéressant. Paris en bouteille a fait école.

    La photo du port de Rio Tuba est à mon sens pleine d’originalité, d’authenticité et d’exotisme. Loin de la banalité de ceux de Marseille, Rotterdam ou Hambourg.

    « … du suspense et des photos/vidéos à vous décoller la rétine. » Les successeurs d’Agatha Christie n’hésitent pas à jouer avec nos nerfs.
    Le soin omnipotent pour moi : une🍺

    1. Merci pour tout ces commentaires 🙂
      Cependant j’aurais cru qu’en guise de levier de vitesse, tu aies privilégié un gros décapsuleur. Quoique, ceci t’attirerait peut-être une grosse recrudescence d’alcotests.

      1. Un décapsuleur gros comme un levier de vitesse, voilà une idée qui me séduit d’autant plus que j’aperçois déjà la dimension de la bouteille qu’il ouvre. Dois-je commencer par faire fabriquer le premier par le forgeron de Matour, ou bien dois-je d’abord me soucier de la bouteille de la taille de SuperSushi ?

        1. J’observe avec délectation que je réponds à 10h50 à un message envoyé – le même jour ! – à 12h13.
          Voilà de la télépathie anticipatrice.
          Encore une colle pour le grand Albert.

          1. C’est possible que ce soit du à notre changement de fuseau horaire de 12 heures !

  2. – « Hâte d’admirer les plages »
    – Faut-il prendre Mum au mot ?
    A-t-elle déjà réservé son billet d’avion pour lesdites plages ?
    Je comprends mieux maintenant la précision des indications de voyage laissées par Sushi et Biquette. Ils ont en fait effectué le repérage en éclaireurs !
    Ont-ils laissé de petits billets doux à retrouver ?

    1. Hélas, je crains que la marée n’emporte bientôt les quelques petits mots laissés dans certains coquillages ! Il faut se presser d’y aller !

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