Le Train Circulaire de Yangon
Pour commencer, sachez que le train circulaire de Yangon à proprement parler n’existe plus ou du moins il ne fait plus de boucle. Par contre le train inter-urbain circule toujours. Il est donc tout à fait possible de grimper dans un wagon et de se balader sur quelques kilomètres histoire de découvrir la ville sous un autre angle.
Après avoir rejoint Glenn et Amandine, les copains rencontrés à Chiang Mai, nous décidons de prendre le train à la station Phaya Lan. Nous évitons ainsi la gare centrale, plus loin de nos logements respectifs et car nous avons entendu que les touristes sont susceptibles de payer 1200 MMK pour monter à bord du train alors que le ticket ne coûte que 200 MMK (1€ = 1700 MMK environ). Cette pratique n’a pas lieu dans les petites gares et tant mieux.
De là le train s’ébranle et nous voilà partis pour un trajet de 2 heures jusqu’à la station Danyingon où s’est installé un ubuesque marché… sur les rails. C’est là que l’on descend puisque comme on l’a mentionné plus haut, le train ne fait désormais plus de boucle.
Le Marché de Danyingon : Tranche de Vie Birmane
Le marché de Danyingon est à l’image de Yangon : bordélique (mais organisé ˆˆ), bruyant, crade (attention où l’on met les pieds), mais aussi plein de sourires et de regards curieux.
« Tu veux du local ? Tiens, en vl’à une grosse part… avec tout ce qui va avec! »

Marché de Danyingon le long des rails
Et oui, sortir des rails en Birmanie (hahaha le super jeu de mots) implique parfois d’être confronté à une extrême pauvreté comme on n’en a encore jamais vu depuis que l’on voyage en Asie du Sud Est.
Les bidonvilles apparaissent le long des rails, les enfants sont malingres et crottés, certains sont certainement orphelins… Bref ça ne respire pas toujours la joie de vivre dans ce coin de la ville. Et pourtant ça fait également partie du voyage.
Nous traversons le marché en nous frayant bon gré mal gré un passage entre les étals à même le sol et le train qui amorce son départ. On apprend que le train retour ne passera que dans plus d’une heure mais qu’il y a un bus qui retourne au centre ville.
Ni une ni deux on attrape le bus 93 qui nous ramène en une petite heure et demi à Sule Pagoda.

Le Quartier Colonial de Yangon
Il ne faut pas oublier que la Birmanie a été une colonie Britannique de 1824 à 1948. Pendant plus d’un siècle Yangon s’est donc vu dotée d’un grand nombre de bâtiments coloniaux. Entre vestiges de l’ancien temps et édifices en rénovation, ces bâtisses confèrent aujourd’hui encore un certain charme à cette cité chaotique.

La Cour de Justice de Yangon

Le Secrétariat (en cours de rénovation)

La Cathédrale Sainte Marie

Intérieur de la Cathédrale Sainte Marie
Ainsi que d’autres bâtiments coloniaux croisés dans les rues, en général peu ou pas entretenus.




La Pagode Shwedagon
Envie de Bouddhisme bling bling comme ils savent si bien faire en Birmanie ? Quittons alors le centre ville pour découvrir la majestueuse pagode Shwedagon.

La pagode Shwedagon est entourée de légendes que Wikipédia vous racontera mieux que nous. Toujours est-il qu’entre cheveux et autres reliques variées de Bouddha, cette fastueuse pagode est un lieu incontournable du Bouddhisme à travers toute l’Asie du Sud-Est.

La tignasse de Bouddha planquée quelque part là-dedans

On prie Bouddha, même via des écrans si on est myope

Moine prenant en photo un moine qui prie… Pourquoi pas
Ce qui Nous a Laissé Perplexe à Yangon
On nous avait prévenu : Yangon est une ville difficile à appréhender… On valide.
Nous ne pouvons pas vraiment dire que nous ayons détesté Yangon. En réalité, nous avons apprécié certains aspects de la ville. Nous y avons d’ailleurs passé de bons moments notamment avec Glenn et Amandine avec qui on s’est bien marré.
L’impression générale reste tout de même mitigée. On vous donne quelques exemples.
Choper la tourista… au KFC
Nous avons fait nos petits joueurs en allant au KFC. OK, on sait, c’est nul. Et bien le lendemain c’était pas la joie aux toilettes. Sérieux ? Il n’y a qu’à Yangon que tu peux choper une bactérie dans ton burger KFC !

En réalité, à Yangon, on a la sensation que quoiqu’on mange on va choper un truc. On met ça sur le compte du KFC car c’est le dernier repas qu’on a mangé avant de filer aux toilettes mais ça peut aussi être un verre ou des couverts mal lavés ou mal essuyés à l’auberge…
Tout est tellement crade dans cette ville qu’on ne sait plus trop d’où peuvent venir les bactéries… et on vous dit ça alors qu’on n’est vraiment pas très regardant !
Circulation et réseau de bus archaïque
Pas très loin de la pagode Shwedagon se trouve le lac Kandawgyi bordé par un parc. On s’est dit que ce serait pas mal d’y passer un après-midi au vert… Mauvaise idée !
Ce parc est loin du centre mais surtout très mal desservi. Le réseau de bus est anarchique et la circulation est saturée du matin au soir. Résultat : les taxis se gavent de manière éhontée en pratiquant des prix exorbitants.
Les birmans quant à eux subissent le système de transport de la ville avec une passivité déroutante. Habitude ou résignation ?
Un parc qui n’en a que le nom
Revenons-en au fameux parc. L’entrée est payante : 300 MMK. Ok, c’est quelques centimes… mais pourquoi ? Ce parc est tout bonnement nul et on pèse nos mots.

Seule attraction « intéressante » du parc: le palace flottant canard
On ne sait pas trop si c’est en rénovation. On aperçoit des femmes arroser l’herbe alors que des parterres de fleurs sont à l’abandon. Bien évidemment c’est crade et aucun pont n’est viable ce qui nous oblige à faire de gros détours dans cet environnement déjà pas très sympa… quand il ne faut pas rejoindre des parties du parc le long d’une artère grouillante de voitures. Paye ta tranquillité !
Yangon : Conclusion
On va s’arrêter là dans les exemples sinon on risque d’y passer la nuit.
Ce qui est sûr c’est que pour nous Yangon illustre parfaitement la sensation que nous avons eu en Birmanie tout au long de notre séjour. Difficile de poser des mots sur nos impressions mais on craint malheureusement que le tourisme en Birmanie n’évolue pas dans le bon sens.
Manifestement très en retard en terme de développement par rapport à ses voisins sud-asiatiques, la Birmanie tente de raccrocher les wagons peut être un peu trop vite ce qui crée une fracture sociale encore plus sévère. Et tout cela, on le remarque d’autant plus à Yangon.
Nous clôturons maintenant ce vaste débat et passons aux conseils et bons plans pour ne pas choper la coulante passer un bon moment à Yangon. ;)
Comment aller et quitter Yangon ?
Yangon est accessible en bus de nuit ou de jour depuis la plupart des villes de Birmanie.
Le bus vous dépose généralement à la gare routière principale située à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville : Aung Mingalar Highway Bus Station.
Dans le doute, renseignez-vous bien auprès de la personne qui vous vend le ticket. Depuis certaines villes de l’ouest du pays le bus peut vous déposer dans une autre gare routière.
Une fois arrivée dans cette gare, on a qu’une envie : en partir le plus vite possible!
Pour cela, évitez le flot de taxi drivers qui vont tenter de vous kidnapper dans le coffre de leur tacos… non on rigole, passez juste votre chemin.
Repérez le bus de ville n° 36 (200 MMK / personne). N’hésitez pas à demander aux passants qui n’ont pas l’air d’être des chauffeurs de taxi. Ils vous aideront à coup sûr. Ça, c’est l’avantage : les Birmans sont hyper serviables !
Une fois dans le 36, laissez-vous porter jusqu’au centre ville et descendez à Sule Pagoda.

Sule Pagoda ou le concept du rond-point pagode
Pour quitter la ville c’est pareil. Montez dans le 36 qui vous emmènera à la gare routière.
Aux heures de pointe comptez 2 heures de trajet pour 20 km. Pour un bus à 21H nous avons quitté notre auberge à 17H30 sur conseil du réceptionniste. Une fois à la gare routière, il faut aussi compter le temps de trouver son bus. Cette gare routière est tentaculaire et très mal pensée. Nous avons marché un quart d’heure entre le moment où nous sommes descendus du bus de ville et le moment où nous avons trouvé notre bus de nuit sachant que nous n’avons pas trop galéré.
Où dormir à Yangon ?
- The Lodge Yangon Hostel : une auberge de jeunesse propre et bien située. Le lit double en dortoir est abordable (environ 12,50 € / nuit). Le petit déjeuner est simple mais ok. Le petit plus : un rooftop très sympa pour boire une bière bon marché avec vue sur la ville et sur la pagode Shwedagon.

Petit squattage du rooftop de l’hostel avec les copains (Glenn et Amandine)
Où manger à Yangon ?
On ne vous conseillera pas le KFC, vous vous en doutez. ˆˆ
- Myanmar Secret : un petit restau familial juste à côté de notre auberge. « Relativement » propre si l’on fait abstraction du mec qui triture le riz avec les doigts. C’est toujours mieux que le marchand ambulant qui te vend ses brochettes douteuses à côté des égouts.
- Food Court de Junction City : une grande food court aseptisée au 4ème étage du centre commercial Junction City. Ça, c’est la solution de replis quand plus rien ne passe dans votre appareil digestif.
- Lotteria : chaine de fastfood Japonaise implantée dans certains pays asiatiques, donc inconnue de nous autres Occidentaux. Un large choix de burgers aux recettes originales et l’hygiène semble correcte. Un peu cher pour la Birmanie mais un bon refuge quand on ose pas tenter l’aventure de la nourriture locale.

Pad Thai très décent à Myanmar Secret

Menu d’un Lotteria de Yangon
Où boire un verre à Yangon ?
- Vista Bar : un rooftop à une vingtaine de minutes à pieds de la pagode Shwedagon. Du coup la vue est superbe ! Les boissons sont chères comme sur la plupart des roof top mais l’ambiance est sympa. Bien évidemment il n’y a que des touristes. Par contre ils ne servent des sodas qu’à midi. Si vous y allez le soir et que vous ne souhaitez pas boire d’alcool, vous ne pourrez prendre que des cocktails sans alcool. Pas pratique quand on a la bide en vrac… et surtout, absolument n’importe quoi comme souvent en Birmanie.

Prix des activités à Yangon
- La Pagode Shwedagon : 10 000 MMK / personne. Pensez à porter des vêtements adaptés : T-Shirt à manche et pantalon ou jupe longue pour les femmes, short en dessous du genou ou pantalon pour les hommes.
- Parc du Lac Kandawgyi : 300 MMK / personne (juste pour info mais en fait n’y allez pas !)
- Train (anciennement train circulaire) : 200 MMK / personne
Notre dernière escale Birmane touche maintenant à sa fin. Nous prenons un bus de nuit pour rejoindre la frontière, direction Bangkok.
On vous raconte notre interminable périple jusqu’à la capitale Thaïlandaise très bientôt.
Mais avant cela, c’est aux Philippines que l’on vous donne rendez-vous. À nous les plages paradisiaques !!!
En Birmanie , je n’y mettrai pas un orteil ! La grande pauvreté et la corruption bien cher payé pour l’autonomie, comme à Madagascar par exemple ! heureusement les vidéos nous font sourire 😀 l’émerveillement des lieux antérieurs nous manquent !!! vivement les Philippines 🐡🐬🐳
Oui on est mieux parmi les petits poissons !
Je me régale à constater les différences d’écho de voyage en Birmanie entre Biquette et Sushi d’une part, certains de nos amis d’autre part. Cosmiques !
À croire que les seconds n’ont circulé qu’entre temples et palaces. Des lunettes dorées entre les deux.
Je n’en suis que plus curieux de voir l’ensemble des photos et d’entendre nos reporters « de terrain ».
La bière a-t-elle au moins sauvé la réputation de Myanmar ?
Oui, heureusement la bière Myanmar est tout à fait correcte ^^
ဤကိစ္စတွင်: သင့်ကျန်းမာရေးကို! *
* In diesem Fall: IHRE GESUNDHEIT!
(En ce cas : À VOTRE SANTÉ !)
Prost !
Correction :
… du Myanmar ?… du !
Du genre Masculin !
Étant considérée la réputation de susceptibilité des militaires birmans, j’espère que mon message ne sera pas intercepté.
Birmanie était du genre féminin : quelle horreur ! Il était temps de rétablir le respect envers le pays.
Oui c’est bizarre leur changement de nom. C’était très bien Birmanie…
Bon, ben, fectivement, plutôt que la misère entre deux rails (nan, y a pas jeu de mots) ou les édifices coloniaux lépreux, autant retourner voir les temples. Eux, au moins sont toujours propres.
Très illustrée, cette page, renforcée en Gifs. Les photos sont toujours aussi spectaculaires; bien piquées, choisies, cadrées, saturées et contrastées. Du cousu main.
Vos recommandations sont si enthousiastes qu’on n’est pas près de se ruer en Birmanie. Même pour la bière :) Laissons ça aux chinois.
Oui, ça nous pendait au nez d’avoir une déception pendant ce voyage. Ben voilà c’est fait.